Ghazal 372: Laisse-nous passer par la grand-rue de la taverne
بگذار تا ز شارع میخانه بگذریم
کز بهر جرعهای همه محتاج این دریم
روز نخست چون دم رندی زدیم و عشق
شرط آن بود که جز ره آن شیوه نسپریم
جایی که تخت و مسند جم میرود به باد
گر غم خوریم خوش نبود به که می خوریم
تا بو که دست در کمر او توان زدن
در خون دل نشسته چو یاقوت احمریم
واعظ مکن نصیحت شوریدگان که ما
با خاک کوی دوست به فردوس ننگریم
چون صوفیان به حالت و رقصند مقتدا
ما نیز هم به شعبده دستی برآوریم
از جرعه تو خاک زمین در و لعل یافت
بیچاره ما که پیش تو از خاک کمتریم
حافظ چو ره به کنگره کاخ وصل نیست
با خاک آستانه این در به سر بریم
Laisse-nous passer par la grand-rue de la taverne,
car pour une gorgée nous avons tous besoin de cette porte.
Le premier jour, quand nous nous sommes réclamés du libertinage et de l'amour,
la condition était de ne fouler d'autre chemin que celui-là.
Là où le trône et le siège de Jamshid s'en vont au vent,
il n'est pas bon de se nourrir de chagrin : mieux vaut boire du vin.
Dans l'espoir de pouvoir porter la main à sa taille,
nous restons assis dans le sang du cœur, comme le rubis rouge.
Prédicateur, ne conseille pas les éperdus, car nous,
ayant la poussière de la rue de l'ami, ne regardons pas vers le paradis.
Puisque les soufis sont des guides en extase et en danse,
nous aussi nous lèverons la main pour un tour d'adresse.
De ta gorgée la poussière de la terre a trouvé perle et rubis ;
pauvres de nous, qui devant toi sommes moins que la poussière.
Hafez, puisqu'il n'est pas d'accès aux créneaux du palais de l'union,
passons nos jours avec la poussière du seuil de cette porte.
Interprétation du fal
Dès le départ vous avez choisi votre chemin, et la condition était de ne pas en revenir : tenez votre engagement. Dans un monde où même la gloire des rois s'en va au vent, s'affliger ne sert à rien. Vous supportez la peine avec patience dans l'espoir de la proximité. S'il n'est pas d'accès au sommet de ce que vous cherchez, contentez-vous de cette petite proximité et de demeurer à son seuil.